FGARROS-ART biographie oeuvres picturales oeuvres poétiques | L'art ne trouve pas il cherche... |
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François Garros est né le 6-11-1949 dans la Vienne, au village du Vigeant.Il vit près de La Rochelle, à Nieul Sur Mer. Il se reconnaît d’abord comme poète.Fonde avec d’autres poètes l’association Contre-Temps à La Rochelle,l’anime de 1983 à 1998.Participe à l’organisation de rencontres nationales sur la poésie et sur le roman.Publie différents ouvrages dans le domaine poétique à partir de 1985.A partir de 1998 recherche la collaboration de photographes, musiciens, et de plasticiens. Animateur d’ateliers d’écriture depuis 1995.En 1997, tout en continuant à écrire, se lance de façon solitaire dans la peinture,puis rencontre le peintre abstrait contemporain Alain Villepigue, qui l’encourage dans ses recherches plastiques.Expose à partir de 2002 à Limoges, dans le Lot, La Rochelle et Paris.
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poésie/peinture texte de François Garros
Longtemps je me suis méfié de l‘écriture poétique trop intellectuelle, ou qui prend la pose … Pas assez de rugosité, d’âpreté. Il y avait quelque de trop lisse, de trop apprêté.
Quand précisément il y avait à dire « la rugueuse réalité du monde » sous toutes ses formes et dans tous les sens.
Là se tenait le champ d’action du poème. Dans l’étreinte rimbaldienne du réel et non dans une fuite hors du réel.
Mais il lui manquait quelque chose de plus physique, de moins désincarné, comme une sorte de « matière ».
C’est dans un rapport à l’espace que le poème se construit. D’où l’importance de chaque support du texte. Carnets, papiers dessins etc …
Le support n’étant pas accessoire, mais participant du projet du texte dans le temps même où il s’écrivait. C’était aussi rencontrer les aventures du texte, ses méandres, son rythme sur la page, ses exténuations et ses proliférations.
C’est à partir de là que s’édifiait la structure du poème : entre fragment et chant les lignes dansent.
Quelque chose a été recouvert. C’est là le début de ma peinture. Le poème a laissé la place.
Je vis quelque chose d’infiniment matériel. Pour peindre le poème doit être recouvert. Je n’en ai pas conscience.D’abord pour masquer le mot – une façon de lui donner paradoxalement plus d’impact. Je m’en rends compte aujourd’hui. Cela se fait dans la nécessité de la couleur.
D’abord des encres colorées. Puis l’aquarelle. Puis l’acrylique, puis le fusain, les pastels gras, enfin l’huile, le sable, la sciure etc… - que j’utilise sur des papiers ordinaires - tout est utilisé en vue de recouvrir.Il n’y a pas pour moi de nécessité de telle ou telle peinture. Je ne veux pas peindre ! Mais la peinture advient. Elle s’impose à moi. Je ne peux la fuir. Un long travail pour la reconnaître.
Dire qu’elle est une trace parmi d’autres traces, qu’elle recouvre l’écriture, mais pas seulement l’écriture, mais d’autres peintures.
Ainsi apparaît la nécessité du collage. J’avais déjà fait cette expérience dans l’écriture poétique.Comment m’est venu le désir de peindre ? Peindre ce que je ne pouvais pas écrire. En même temps cette résistance à peindre. On ne peut pas lutter contre cela. Je cherche une histoire à peindre. Comme si quelqu’un regardait. Parfois on voudrait que quelqu’un regarde. Ne pas avoir de marques personnelles sur le lieu. Se laisser peindre à son corps défendant.
Où cela est-il arrivé ? Je mélange la peinture, l'écriture. Quelque chose est là-dedans – dans ce mélange. Comme si je m’écartais des livres, cherchais une autre plastique. Le hasard de la touche renvoie à quelque chose de plus profond, au-delà de la structure. Une pulsion embryonnaire, primitive.Aujourd’hui je continue. L’écriture et la peinture. Je suis dans cette proximité-là. Je veux être au cœur des choses. Trente ans d’écriture poétique ont patiemment descellé la rétine de la peinture. Je veux voir autrement. Plus en profondeur. L’acte du peintre est encore révolutionnaire. On méprise aujourd’hui l’écriture poétique, dans les cercles médiatiques et au-delà. Or c’est toujours la grande affaire de l’écrivain.
Quand j’écris un roman, un essai, je fais mes gammes d’écriture …Mais le poème est, lui, s’il existe, un événement essentiel pour notre temps, il dit par sa précarité, son inutilité apparente, son mystère proprement humain, la nécessaire interrogation sur la matérialité des choses, l’imbrication du langage dans le frémissement de l’être humain, le bruissement nouveau de l’être.
Telle est aussi l’aventure de la peinture, elle renoue, elle déploie les possibilités d’une autre existence, elle n’est pas achevée.
La peinture encore un continent inconnu.
Condition de notre futur.
François Garros
recherches
Je n’ai pas d’a-priori devant une toile, ou un papier. C’est l’espace qui me détermine.
C’est pourquoi j’aime tant la peinture chinoise qui nous a fait voir autrement la composition d’un tableau.
Je ne suis pas à la recherche d’un sujet. Je m’aventure dans un espace, toujours neuf, libre le plus possible, ouvert à toute expérience de matière et de forme.
J’aventure mes encres et mes couleurs. C’est alors que le sujet surgit, de l’intérieur d’un travail déjà commencé, que je tente de le construire avec tout moyen plastique à ma disposition, pour que la toile devienne ce sujet que je recherchai sans le savoir. Je peins en aveugle. J’écoute ce qui se passe dans l’instant des couleurs assemblées.
Je suis alors tendu vers ce seul but : rechercher le degré de vibration souhaité. Tant que je ne suis pas satisfait, je recommence. Cela peut durer plusieurs années, ou se réaliser dans l’instant. Misérables miracles, disait Michaux. C’est en quelque sorte le rythme de la réalité que je recherche, que j’explore, comme dans l’écriture …
C’est pourquoi je ne me considère pas comme un abstrait informel, mais comme un abstrait lyrique.
François Garros
Texte récent écrit pour le prix des Mouettes 2007 à La Rochelleextrait
écriture_peinture ou le lieu rejoint
Quelque chose a été recouvert. C’est le début de ma peinture.
Le poème a laissé la place.
Je vis quelque chose d’infiniment matériel. Pour peindre le poème doit être recouvert.
D’abord pour masquer le mot – une façon de lui donner paradoxalement plus d’impact.
Je m’en rends compte aujourd’hui. Cela se fait dans la nécessité de la couleur.
D’abord des encres colorées. Puis l’aquarelle. Puis l’acrylique, puis le fusain, les pastels gras,enfin l’huile, le sable, la sciure etc… - que j’utilise sur des papiers ordinaires - tout est utilisé en vue de recouvrir.
Il n’y a pas pour moi de nécessité de telle ou telle peinture. Je ne veux pas peindre !
Mais la peinture advient. Elle s’impose à moi. Je ne peux la fuir. Un long travail pour la reconnaître.
Dire qu’elle est une trace parmi d’autres traces,qu’elle recouvre l’écriture,
mais pas seulement l’écriture,
mais d’autres peintures.
Ainsi apparut la nécessité du collage.J’avais déjà fait cette expérience dans l’écriture poétique.
F. Garros
extrait