Avant la syncope du soir

wood block de la nuit

jusqu'à l'essaim

le grésillement

l'attaque d'un luth

comme un ruisseau de neige

 

tes yeux murmurent

dans les bois

cherchent en pleurant

la terre habitable

 

rien ne filtre que la voix

comme un réveil de prairie

dans la poitrine des étoiles


 

L'iris de la flûte

fait son apparition

comme  grésil avant neige

dans les grands arbres nus

sommeille l'esprit de l'eau

j'aime tes lèvres de fleuve

comme un bateau embarquant

le balancier qui déchiffre la mémoire

quand le rouge gorge  vibrionne

 

 

 


 

 

Les cheveux d'or traînent

dans la boue

dans les vestiges

 

tes yeux cherchent en pleurant

la terre habitable

 

Ta force de granit

étincelle

 

j'irai  l'impossible chercher

au chant  du coq


 

Comme un sentier d'herbes nouvelles

dans la course des nuages

quelques escales

rien ne filtre que la voix

jusqu'à cette prairie   d'étoiles

hélice après hélice

hisser la nuit

jusqu'à devenir cette montagne

où l'ombre glisse de sommet en sommet

 


 

Quelque chose parle mais quoi

la nuit comme un drapeau

des creux des silences des souffles

une femme pleure

déchire  le jour comme une carte

le guéridon regarde la nuit

par les cheveux noyés de la fenêtre


 

Tes yeux cherchent en pleurant

la terre habitable

 

j'aime tes lèvres de fleuve embarquant

 

quand la flûte dialogue

avec le silex

avant le chant

avant l'homme

 


 

 

Tes yeux murmurent

 

un luth commande au chant d'hiver

cette vibration

du fauteuil à la fenêtre

avant la syncope du soir

dans les souvenirs

il y avait des libellules

des cris dans la mousse

près du cerisier

des nénuphars

fleurs d'incertitude

noyées au coeur de l'homme

comme  tresses de vent

 


 

Le sable me retournait les yeux

comme on retourne une peau

comme le bruit que ton coeur fait

en dormant

on peut croire que le pollen d'été

ramène sur tes seins

l'espoir

le timbre des caresses

cela est venu

hélice après hélice

à tire de mots

le navire ouvre

la pluie des clés sur le sable


 

Comme la nuit  vient 

le woodblock  de la pluie

crépite sur ta  main

quand la rue se déchire

en mondes désaccordés

 

  texte suivant  

 

Retour à la page poèmes